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De chair et de sang

« de chair et de sang »

variations autour de Francis Bacon

 

dramaturgie et mise en scène : Jean-Marc Bailleux

 

« Si je vais chez le boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place de l’animal… »

Deux personnages (admirateurs ou critiques) attendent le grand maître Francis Bacon (1909-1992.

A leur question vociférée « Qu’est-ce qui fait l’Art ? », le peintre les fait entrer dans son monde violent et mystérieux de corps et de visages qui les atteindra avec une étrange force nerveuse.

 

Pour retrouver les ondes de choc « Baconiennes », plusieurs matériaux seront infusés sur la scène :

-         La peinture qui concourt ici à une théâtralité (la narration, un espace scénique en trois dimensions, la sexualité et la violence charnelle, l’étrangeté grinçante de la couleur, le détournement d’imageries rituelles…)

-         La parole de Bacon où sa voix, sa langue conjuguent maîtrise et fragilité, ironie, liberté, finesse et désinvolture. d’un franc-parleur.

-         Des textes d’auteurs qui traversent sa peinture : Shakespeare, Eschyle, TS Eliot, Samuel Beckett, Michel Leiris…

-         Un univers sonore et d’images vidéo qui viendront ajouter une profondeur à ce théâtre de la cruauté.

 

Parcourir l’œuvre de Bacon, sans vouloir l’expliquer en suivant un « chemin qui ne mène nulle part », c’est l’idée que j’ai du théâtre aujourd’hui, capable de rendre compte, au travers du temps, de l’énergie du vivant et du chaos du monde.

Une manière de mettre en abîme cet Art vieux de 4000 ans contre sa fâcheuse tendance à l’illustration, au décoratif et à un soit-disant réalisme. Tout ce que rejetait Francis Bacon.

 

Lyon, le 7 mai 2002

 

Jean-Marc Bailleux

 

 

NOTES D’INTENTION

 

 

 

« Si je vais chez le boucher, je trouve toujours surprenant de ne pas être là, à la place de l’animal… »

 

En s’inspirant de ses peintures, de son histoire, de ses interviews, il s’agira de nous inventer « un Bacon à nous » dans une dimension qui dépasse l’histoire de « sa vie- son œuvre » au théâtre.

 

Néanmoins, au point de départ, il y aura le personnage de Bacon lui-même, entouré de sa conseillère-muse et modèle (Isabel) et de son amant-critique et acheteur de tableaux (David). Autour de ce trio infernal, un corps en mouvement (une danseuse) rôdera comme un esprit qui habite l’atelier du peintre.

 

L’histoire fragmentaire parlera beaucoup de l’exigence et de la condition de l’artiste avec des versions qui se contrediront, se croiseront, se catapulteront comme dans les films de David Lynch.

Les moments théâtraux, tantôt drôles, critiques ou triviaux seront rythmés et déstructurés par des images et des sons, des ambiances accidentelles proches des visions, hallucinations, rituels judéo-chrétiens.

 

Une variation en somme où les acteurs devront d’abord travailler sur une grande présence physique. Je visualise en effet une quête autour de Bacon à travers des corps pris dans une spirale sans fin, franchissant une à une les frontières entre la chair et l’âme, le naturel et le sur-naturel, l’humain et l’animal, le vivant et l’au-delà.

 

 

 

29 septembre 2002

Jean-Marc Bailleux

(Metteur en scène)