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en même temps

L'auteur :

Evguéni Grichkovets est né à Kemerovo (Sibérie occidentale) en 1967. Après son service militaire dans la marine, il fait des études de philologie russe à l’université de Kouzbass. C’est dans cette ville, loin de Moscou, qu’en marge de ses études, il crée, avec quelques amis, une compagnie de théâtre au sein de l’Université. Une véritable école sur le tas, où il se dégourdit comme acteur et écrivain. Il monte avec cette compagnie plus de vingt créations collectives à partir d’improvisations. Il est à la fois dramaturge, metteur en scène de théâtre, acteur et détenteur du record Guiness pour le rôle le plus long dans un spectacle avec un seul acteur. Résidant à Kaliningrad, il prend part à de nombreux festivals théâtraux et dirige le théâtre indépendant Loja (Loge) qui monte neuf spectacles d’après ses textes. Grichkovets est la locomotive d’un train d’auteurs, de metteurs en scène et d’acteurs qui, d’un wagon l’autre, façonne l’image disparate d’un théâtre russe. En 1998, il crée et joue Comment j’ai mangé du chien qui remporte un grand succès à Moscou au Festival de théâtre international NET. En 2000, il présente dans ce même festival sa nouvelle pièce En même temps. En 2000 également, le jury du Masque d’Or lui attribue le prix d’innovation et le jury des critiques le prix pour la saison théâtrale. En janvier 2002, il crée La Ville au théâtre " Studio Tabakov " à Moscou, et en décembre 2001 a lieu la première des Cuirassés dans le club branché moscovite " Ogorod ", un projet théâtral à nouveau bien loin de ce que l’on considère habituellement comme du théâtre en Russie.

Après un passage au Théâtre d’Art de Moscou, Grichkovets entreprend plusieurs tournées qui le conduisent notamment en France où il joue Comment j'ai mangé du chien et En Même temps au festival Passages en mai 2001. Ce dernier spectacle est à l’affiche du Festival East Goes West à Londres en juillet 2000. Il se produit souvent en Allemagne, et présente notamment son travail lors d'une semaine consacrée aux nouvelles écritures à la Schaubühne en décembre 2001. Il travaille aussi avec la Lettonie, où il crée en octobre 2001 son spectacle Po Po (traduire Sur Poe) avec des acteurs lettons. Les textes d'Evguéni Grichkovets sont aujourd'hui montés par d'autres metteurs en scène en Russie comme en Europe.

Œuvres traduites

La Chemise, roman, trad. Joëlle Roche-Parvenov, éd. Actes Sud, 2007

Planète, trad. Arnaud Le Glanic, éd. Les Solitaires intempestifs, 2004

La Ville, trad. Arnaud Le Glanic, éd. Les Solitaires intempestifs, 2004

En même temps, trad. Arnaud Le Glanic, éd. Les Solitaires intempestifs, 2003

Comment j’ai mangé du chien, trad. Arnaud Le Glanic, éd. Les Solitaires intempestifs, 2002

Hiver, trad. Tania Moguilevskaia et Gilles Morel, éd. Les Solitaires intempestifs, 2001

 

L'histoire (ou les histoires...) de "en même temps" :

Un homme seul en scène, le narrateur. Il s’adresse au public Difficile de trouver sa place dans ce monde quand son organisation ne vous plaît pas, quand vous êtes obligé de. D’un seul coup, l’état d’urgence s’impose, il ressent le besoin urgent de nous faire comprendre comment son monde fonctionne. Il part à la recherche de sa vie, des événements qui la constituent. Le narrateur fouille son passé. Il veut comprendre ce qui se passe à l’intérieur de lui. Les chocs ressurgissent sans chronologie. Et en même temps, le monde lui saute aux yeux. Il l’explore, le constate, le dénonce mais ne l’agresse pas.

Entre loufoquerie et sensibilité, le texte fait surgir la difficulté d’un homme à vivre dans un monde où la réalité ne devrait pas être celle que nous vivons mais celle qu’il ressent. C’est une apnée où la pensée fuse, s’arrête en chemin, bifurque, prend à témoin le spectateur. A la recherche de l’intensité perdue ou égarée, il tente de relier le visible à l’invisible, le réel et l’imaginaire … où tout devrait se passer d’un seul coup et en même temps.

Grichkovets nous parle de nous quand il parle de lui : et où je suis MOI ? La réponse se situe à l’endroit de notre animalité où la réflexion n’a pas sa place : RESSENTIR. Mais ressentir se passe à l’intérieur et ne prévient pas. L’étincelle surgit d’un concours de circonstances et Grichkovets place le débat à ce niveau-là : l’Instant Présent.

C’est cette urgence de l’instant qui m’est apparue lorsque j’ai lu le texte la première fois et c’est ce même enjeu que je veux poser sur une scène de théâtre. Que les spectateurs vivent cette expérience du ressenti, qu’ils soient confrontés à la question de savoir où ils sont EUX au moment où ils assistent au spectacle et tenter ce pari que, d’un seul coup et en même temps, chaque spectateur ressente cette expérience comme la sienne et la vive.

L’Homme est placé au centre du débat et pourtant il ne s’agit jamais d’un épanchement narcissique. De plus, Grichkovets offre ici une place laissée vacante par « le monde en marche » qui ne se soucie plus du tout de l’individu et qui tend plutôt à l’empêcher de se poser la question - et où je suis MOI ? -  et lui dit merde en douceur.

Partagerions-nous une expérience quantique de l’abolition du temps ? Il se peut que oui.

 

                                                                                                                                                                Gérald Robert-Tissot