logo



Le spectacle
L'équipe artistique
Les dates
La presse
Le dossier
Accueil compagniespectaclesJean-Marc BailleuxGérald Robert-Tissotgaleriecontactliens

c'est pourtant pas la guerre

Mettre en scène « C’est pourtant pas la guerre » de Maryline Desbiolles

Les voix du labyrinthe

Sur les boulevards périphériques, dans votre voiture capitonnée, vous êtes-vous déjà demandé qui peut bien habiter dans ces tours sordides, à l’abandon de nulle part ?

Une femme se pose cette question concrètement. Au détour de sa ville, elle choisit de s’arrêter dans un quartier fantôme et entre dans une barre : l’Ariane.

Un peu comme sur une île où personne ordinairement s’arrête (sauf quelques uns), elle écoute et consigne dans un carnet noir les vies de ceux qui ont échoué dans cette zone.

Rebaptisés Andrée, Jahida, Gh’zala, Mr M’Boup, Rosette, Geneviève, A., Bruno Sanchez, Apolline et Solange, tous lui racontent une épopée avec sa somme d’échecs, de fiertés et d’amours pour les leurs.

Peu à peu, tel le mythe d’Ariane oubliant Thésée et partant à la conquête de Dionysos, la narratrice devient auteur de sa propre langue. Elle se découvre à travers ces vies en exil. L’immeuble « l’Ariane » est condamné à l’effondrement mais la voix de ses habitants élève celle qui sait les écouter.

Qu’on vive en état de paix ou de guerre, les mots de la mémoire sont indestructibles.

Jean-Marc Bailleux, Lyon, le 7 juillet 2008

 

Maryline Desbiolles est née à Ugine, en Savoie. Elle vit dans l’arrière pays niçois. Elle considère la poésie comme « son école d’écriture ». Poésie qu’elle a expérimentée dans les recueils et dans des revues qu’elle a créées, mais qui lui semble désormais inséparable de ses romans : La Seiche (1998), Anchise (Prix Fémina 1999), Le Goinfre (2004) publiés dans la collection « Fiction & Cie » aux Éditions du Seuil. Elle met aussi à l’épreuve son écriture en la confrontant à la peinture, à la sculpture (Nous rêvons notre vie, Éditions du Cercle d’art, 2003) ou dans des pièces radiophoniques.

 

Mot de l'éditeur sur "C'est pourtant pas la guerre"

De loin, parce que son nom est lumineux, il est difficile de croire que l'Ariane est un quartier peu recommandable de Nice, à la périphérie de la ville, une zone, une zone sensible, une banlieue. II faut s'approcher pour saisir qu'on est là au cœur du labyrinthe, qu'on craint le Minotaure, qu'on le brave, qu'il est question de père, d'île, d'amours blessées et trahies. Il faut s'approcher pour écouter le murmure de ceux qui l'habitent, parfois si peu, si mal, immigrés, exilés, déclassés, expropriés ; il faut s'approcher, et peut-être même se tenir au plus près pour écouter le murmure de ses héros, leurs manquements, leurs ardeurs obstinées, leur obscurité, et combien la tragédie est bouillonnante.